Le TODE, ou l'origine du Karate



Comme on ne refait pas l'histoire, je me suis appuyé sur ce que j'estime être la source la plus sûre ; pour plus de compléments sur l'histoire du Karate, mieux vaut vous référer directement au livre de M Portocarrero.


Il n'est nul besoin d'être connaisseur de l'histoire de l'art que l'on pratique pour distribuer des tsuki et des keri jugés efficaces, ceci étant, si l'on prétend se référer à une « Tradition », il me paraît plus judicieux de savoir d'où l'on vient. La Tradition, c'est quelque chose de vivant, basée sur des principes universels véhiculés par les Anciens (au moyen des Kata, par exemple, qui sont la mémoire du Karate). Ils ont été modifiés pour les formes modernes, par nécessité d'adaptation à une époque ou à un lieu, ou encore à une population, sciemment ou par incompréhension ? Chacun doit être chercheur et savoir pourquoi il fait les choses. Le karate antique apportait savoir faire martial, savoir être social, ce qui logiquement devait aboutir à une Voie d'accomplissement de soi : le Karatedo.


Je tiens à préciser que ce texte est issu du livre de Pierre Portocarrero (de la Chine à Okinawa TODE, les origines du Karate-do, aux éditions Sedirep, mars 1986). L'auteur de ce livre est le représentant en France du Tode Gembukan, fondé par feu Maître Tsuneyoshi Ogura.





Okinawa est littéralement « une corde sur l'océan ». Cette île principale des Ryu kyu est un isthme entre Taïwan et le sud du Japon. Sa situation géographique fait donc que Okinawa va connaître un brassage de population et aussi une histoire mouvementée.


La transmission de l'Okinawa-te se faisait secrètement, jusqu'à ce qu'un personnage, Anko Itosu, le sorte de l'ombre, en le modifiant de sorte que l'art martial soit moins utilisé comme instrument de mort que comme une méthode d'éducation physique, visant certes à développer le corps conjointement à un mental fort. C'est un de ses élèves, Gichin Funakoshi, qui exportera au Japon, un art vide de tout sens martial. Il le « japonisera » en changeant le nom des Kata; les formes seront aussi « adaptées » à l'esprit nippon, afin de s'adresser à une population qui n'aurait pas souhaité voir les origines chinoises de l'art, dans un pays ou le nationalisme grandissait...


Mais revenons à Okinawa. Dès le 10 ème siècle, la Chine entretient des rapports commerciaux avec l'archipel des Ryu kyu, alors indépendant. Les émissaires qui venaient alors à Okinawa étaient pour certain des pratiquants de Wu Shu (terme plus approprié pour désigner ce que nous nommons en France : Kung Fu). Il y existait une forme de combat primitive, proche du Sumo: le Tegumi, basée essentiellement sur la seule force physique.


A la fin du 14 ème siècle, le roi de l'archipel fit allégeance à l'empereur de Chine, scellant ainsi les rapports commerciaux et diplomatiques. C'est à ce moment que les Kataantiques seront transmis.


En 1430, le roi Sho Hashi unifiera les différents fiefs d'Okinawa et interdit la possession d'armes (« conventionnelles »). C'est à cette période que les techniques de combat à mains nues et avec armes agraires (les Kobudo) se développèrent réellement. C'est aussi à cette époque que l'on commence à parler de To De(TOdésigne la dynastie des Tang, et, par extension de la Chine elle-même ; DE (contraction de TE -aussi la main, en japonais-) signifie technique).


Nouveau tournant au début du 17 ème siècle : le clan japonais des Satsuma envahi l'archipel et instaure une véritable dictature. Le Tode, dût, par réaction de résistance à l'opposant s'exprimer plus durement. C'est pourquoi la transmission devint secrète aux yeux des japonais, et ce, jusqu'à la fin du 19 ème siècle. Les exercices de tame-shiwari (bris de matériaux divers) et d'endurcissement des extrémités articulaires au makiwara prennent tout leur sens à cette époque, quoique obsolète actuellement. En effet, il fallait pouvoir faire face à un samurai déterminé, en armure et pouvoir le mettre hors d'état de nuire par une frappe létale sans pour autant se blesser soi-même. Il faut toutefois tempérer ce propos, car souvenons-nous que les samurai étaient des hommes rompus à divers autres arts martiaux (dont le Yawara, plus connu aujourd'hui sous le nom de Ju Jutsu, technique de corps à corps). L'affrontement contre un adversaire armé d'une arme redoutable qu'est le katana – dont le maniement en lui même est un art – irait quand-même plus en défaveur d'un pratiquant à mains nues... Je pense que face à une arme, un pratiquant de Tode aurait pris une arme (les Kobudo existaient, la main n'était donc pas si vide !).


C'est au 18 ème et 19 ème siècle que l'on voit apparaître les termes de Shurite, Tomarite et Nahate, les trois principes de travail de l'Okinawa te. Parallèlement, au Japon, 1868 marque l'ère Meiji, symbole de grand bouleversements dans l'organisation de la société féodale, jugée désormais d'un autre temps.


Okinawa devint officiellement une préfecture japonaise à la fin du 19 ème siècle. Le Karate s'ouvre à une plus large population, sur l'initiative de Maître Itosu Anko(qui aura déjà réformé des Kata),puisqu'il sera enseigné dans les écoles publiques. Nous sommes à l'orée du 20 ème siècle. Le nom de Karate (Kara = vide ; Te = main) est adopté.


Deux Maîtres de l'Art, Funakoshi Gichin, précédé de Motobu Choki vont tenté de l'exporter au Japon... C'est encore une autre aventure. Ils seront suivis d'autres Maîtres, tous aussi pretigieux.

 

l'Embukai s'étend à Esvres en plus de Louans !

 

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/esvres/un-club-de-karate-s-implante

 

MM Caujolle, Cres, Gaunand et Menager seront amenés à enseigner à Esvres. Ce sera donc le deuxième club représentant le shotokai dans le département. Venez découvrir notre Budo dans l'un et l'autre Dojo de votre choix

 

A bientôt

 

 

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