Le Shotokai est un terme impropre.. Pourquoi ? Parce que déjà, il faudrait dire La Shotokai !

Shoto désigne le pseudonyme sous lequel O Sensei signait ses poèmes, il fait donc référence à l'homme désigné pour faire du Tode (d'origine chinoise) un Budo japonais (d'où le terme de Karatedo, comme Judo, Kendo, Aikido, etc...). Et qui dit nom de plume, dit érudit ; ce qui veut dire qu'il n'était peut-être pas le plus représentatif de la compréhension du Karate -du moins techniquement-, mais qu'il avait suffisamment de finesse pour le faire accepter comme Budo (donc lui donner une couleur plus "japonaise"). Rappelons que Maitre Funakoshi était aussi un instituteur, un fin lettré, qu'il parlait aussi bien le japonais que le chinois... Quand on veut faire d'un jutsu un DO, on commence par soigner son apparence, la forme, l'externe (omote), ensuite vient la profondeur, la finesse (ura).

 

Kai n'est en aucun cas un "style" ; il signifie association. Il faut comprendre par la que la Shotokai fut une association créée en vue de développer une compréhension, une vue du Karate devenu japonais. Donc, le Karate enseigné au Shotokan (la maison de shoto) n'était pas un "style" au départ, pas plus que "le" shotokai.. Me Funakoshi et Me Egami enseignaient le Karate, mais surtout cherchaient à le développer. C'est très important de considérer ce dernier aspect, parce que cela veut dire que la base simple que constitue le shotokan actuel (et que des "experts" X dan en base, enseignent très bien) n'est que le début d'un karate qui se devra supérieur, pas dans sa complexité technique, mais dans sa compréhension. La base doit être saine et forte, elle est le début du chemin, après, libre à nous de prendre tel ou tel chemin ; du moment que nous en sommes conscient, personne ne peut nous juger. Voilà pourquoi les courants qui viennent de l'enseignement primitif de O sensei sont légions.

 

Shotokai n'est pas forme, il est une conception de l'Art ; la technique demeure la même, mais s'adapte à l'idée. Il n'est donc pas un "style", mais une idée qu'on se fait de la tecnhique. N'en déplaise à des "pro-karate oecuménique" qui aiment pourtant cloisonner un art martial bien trop étendu pour qu'aucun d'entre nous ne puisse prétendre le posséder dans sa totalité.

 

En France, le shotokai (dans son idée, je ne reviendrais plus dessus) à été amené par Me Harada Mitsusuke. Me Ohshima enseignait un Karate très proche. Puis Me Murakami fut désigné pour représenter ce courant. Lisez les livres sur Me Harada (Life and times, Réminiscences de Clive Layton et Les dires du Dragon de B. Mathieu) pour avoir des renseignements sur les circonstances de l'apparition du Shotokai en France, et pour savoir pourquoi tel Maître est devenu représentant de cette tendance. Maître Harada, témoin vivant du Karate de père et fils Funakoshi, reste le plus à même d'expliquer ce qui s'est réellement passé, puisqu'il l'a vécu en temps qu'acteur et qu'il s'est clairement exprimé sur le sujet. Après la mort de Murakami Tetsuji, chacun de ses élèves est parti enseigner sa compréhension du Karatedo.

 

Maitre Harada est heureusement toujours vivant, mais il y a eu des scissions à certains moments dans son propre groupe, et certains sont partis enseigner de leur côté (certains même ayant probablement par respect déposer le nom "Egami" à leur logo, comme pour une marque de pub, plus que comme une marque de respect). On se rend donc bien compte que nous sommes dans la cour des grands, avec des comportements adultes, ou pas... Toutes ses personnes sont peut-être des gens de qualité (ou pas) mais pourquoi faire du tort à une grande idée en la divisant toujours un peu plus ?

 

Voila pourquoi je resterai prudent sur l'utilisation du terme Shotokai ; M. Caujolle a étudié au départ avec M. Henry Plée, a bénéficié des experts que le Pionnier du Karate européen a fait venir, s'est inspiré de ceux qui lui apportait quelque chose (j'avancerai : tous). Et quand on aime le Karate pour le Karate, il n'y a pas de style. Il y a une base de départ, du travail et encore du travail, des certitudes, des doutes et des remises en cause, des rencontres saines, ou pas (sinon, ce ne serait pas une Voie, avec ses embuches dont on est censé apprendre).

 

Oui, je pense pouvoir dire que nous travaillons dans l'Esprit Shotokai, avec la technique de base Shotokan. Nous n'appartenons à personne, nous ne sommes peut être pas reconnu par tel ou tel style, mais nous restons pour autant rattaché à une Tradition du Karate. Oui, notre Karate est traditionnel parce que nous savons d'où nous venons.

 

A titre personnel, j'ai pu aller au Japon, m'entrainer chez un élève de Me Kanazawa selon le modèle JKA, et au Shotokan (ou l'on enseigne... le Shotokai). Je ne me suis senti étranger en rien dans un courant ou dans un autre. J'ai été accepté dans les deux courants ; j'entend par là que j'ai pu m'adapté dans les deux conceptions "Shoto" ; heureusement puisque c'est la même filiation ! Cela devient plus problématique quand on tombe sur des "gradés" ou "experts" qui sont plus souples de jambes que d'esprit...

 

 

Courant Shotokan (sportif, JKA, France Shotokan, etc..) et Shotokai, il n'y a pas de guerre interne à entretenir, nous avons plus un combat à mener contre nous même, notre égo ; cela nous amène à comprendre la définition de Budo.

 

Bonne Route sur la Voie qui est la vôtre !

GASSHUKU BEAUVAIS (stage spécial) le 26 et 27 mai 2018.

 

Le terme ne désigne pas un rendez vous "exotique" de fin de saison, son terme japonais est précis et désigne une période ou un groupe travaille dans une même dynamique, dans un esprit permanent de la Pratique et sous la direction d'un Maitre.

 

 

 

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